Vous êtes ici : Le guide du travailleur indépendant > Créer une Micro-Entreprise > Avantages et inconvénients du statut d'auto-entrepreneur ?

Avantages et inconvénients du statut d'auto-entrepreneur ?

Avantages et inconvénients du statut d'auto-entrepreneur ?

Le statut de micro-entrepreneur ou d’auto-entrepreneur est attractif pour bon nombre de particuliers qui souhaitent se lancer dans une activité professionnelle en tant que travailleurs indépendants. Il faut dire que l’idée de travailler à son compte est séduisante et que ce statut regorge d’avantages. Néanmoins, il n’est pas dénué d’inconvénients qu’il est important de connaitre avant de s’engager. Faisons le point.

Quels sont les avantages du statut d’auto-entrepreneur ?

Des formalités d’ouvertures simples et rapides

La création d’une micro-entreprise est simple et rapide, mais aussi gratuite (à condition de l’effectuer sur les sites officiels). Elle peut se faire en ligne à tout moment. Pour ce faire, il est nécessaire de remplir le formulaire « P0 Micro-entrepreneur » et de le transmettre au CFE auquel l’activité exercée est rattachée, accompagné des pièces justificatives demandées. Il suffit d’une copie de la pièce d’identité, d’un justificatif de domicile et d’une attestation sur l’honneur de non-condamnation. Toutefois, pour certaines professions réglementées, des qualifications et autres justificatifs peuvent être exigés.

Dans un délai de cinq semaines après cette déclaration d’ouverture, le micro-entrepreneur reçoit par courrier son numéro SIRET.

Mais ce n’est pas tout, car les démarches liées à la modification de la micro-entreprise et à sa radiation sont tout autant simplifiées et gratuites.

Cependant, malgré la simplicité de ces démarches, le micro-entrepreneur doit se renseigner au préalable et se préparer, car il devra opérer plusieurs choix lors de la création de son activité, notamment en matière de périodicité de ses déclarations et de ses règlements de cotisations sociales (au mois ou au trimestre), de la possibilité ou non de bénéficier du versement libératoire de l’impôt ainsi que d’opter pour le régime de l’EIRL.

Une gestion simplifiée

Gérer une micro-entreprise au quotidien est relativement facile et adapté à ces professionnels gérants d’une petite entreprise et travaillant seuls. Les obligations administratives sont considérablement réduites et évitent le recours à un expert-comptable.

En effet, les obligations de l’auto-entrepreneur en matière de gestion quotidienne se limitent à :

  • la tenue à jour d’un livre des recettes et des dépenses ;
  • l’ouverture d’un compte bancaire dédié dès lors que le chiffre d’affaires excède 10 000 euros pendant deux années consécutives, mais il peut s’agir d’un simple compte personnel et non d’un compte professionnel, plus onéreux ;
  • l’émission de factures pour les clients répondant aux normes de la micro-entreprise et qui doivent être conservées 10 ans ;
  • la déclaration du chiffre d’affaires et le versement des cotisations sociales et fiscales chaque mois ou chaque trimestre selon la formule choisie.

Les charges sociales allégées

Bénéficiant du régime micro-social, l’auto-entrepreneur profite de charges sociales allégées. Chaque mois ou chaque trimestre en fonction de l’option choisie par le micro-entrepreneur, celui-ci doit déclarer son chiffre d’affaires, qu’il soit nul ou positif. Ce montant déclaré permet de calculer les charges sociales dues. Celles-ci sont allégées par rapport à d’autres statuts. Un taux fixe est appliqué sur le chiffre d’affaires déclaré et il est variable en fonction de la catégorie d’activité exercée et oscille entre 12,8 % et 22 %. Ce taux fixe est ainsi facile à calculer et à anticiper, mais il est en outre nul si le chiffre d’affaires l’est également.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2020, le micro-entrepreneur peut bénéficier de l’ACRE sous certaines conditions, un dispositif qui lui permet d’alléger encore ses charges sociales lors de la première année de son entreprise.

La franchise en base de TVA

Le micro-entrepreneur n’est pas redevable de la TVA jusqu’à un certain chiffre d’affaires, ce qui est un avantage certain qui lui permet d’éviter les contraintes du calcul, de la déclaration et du versement de cette taxe, mais qui a également pour atout de lui permettre de proposer des tarifs attractifs et compétitifs.

Le plafond de franchise en base de TVA est fixé à 34 400 euros par an pour les activités de prestation de service (BNC et BIC) et à 85 800 euros par an pour les activités de vente de marchandises et de denrées à consommer ainsi que les prestations d’hébergement.

Une fiscalité simplifiée

L’auto-entrepreneur peut opter, sous conditions, pour le versement libératoire de l’impôt à tout moment. Dans ce cas, un pourcentage lui sera prélevé sur son chiffre d’affaires déclaré et sera ajouté aux cotisations sociales. Cette solution présente des avantages puisque l’impôt est payé tout au long de l’année, avec un taux qui varie entre 1 % et 1,7 %. Il est donc prévisible et automatique. Cela simplifie la gestion de l’imposition et permet même, dans certains cas, de payer moins d’impôt !

Le cumul des statuts

Toute personne ou presque peut être auto-entrepreneur. Tous les profils sont accessibles, y compris pour les salariés et les retraités qui souhaitent compléter leurs revenus.

Le cumul des activités

La particularité d’une micro-entreprise est qu’elle est rattachée à une personne. En conséquence, un auto-entrepreneur peut tout à fait cumuler plusieurs activités au sein de sa micro-entreprise, y compris dans des secteurs complètement différents. En effet, par exemple, il peut être à la fois illustrateur de livres pour enfants et créateur de parfums ou de bijoux, artisan et commercial, décorateur d’intérieur et livreur, etc.

Quels sont les inconvénients du statut d’auto-entrepreneur ?

Des plafonds de chiffre d’affaires peu élevés

Le statut de micro-entrepreneur est réservé aux entreprises de très petite taille, car les seuils de chiffre d’affaires sont faibles. En effet, le chiffre d’affaires annuel est limité à 72 500 euros pour les activités libérales et de prestations de services artisanales et commerciales, et à 176 200 euros pour les activités commerciales. Dès lors que le micro-entrepreneur dépasse ces seuils, il sort du régime micro-fiscal. S’il est artisan ou commerçant, il passe au régime réel simplifié d’imposition ou régime normal d’imposition sur option, et s’il est libéral, il passe au régime fiscal de la déclaration contrôlée. Il est alors indispensable de changer de statut.

Une franchise en base de TVA plafonnée

L’auto-entrepreneur est en franchise en base de TVA, mais jusqu’à certains seuils là encore. Dès lors qu’ils sont dépassés, le micro-entrepreneur doit calculer la TVA, la facturer à ses clients et la reverser à l’État comme tout autre professionnel gérant d’entreprise.

Par ailleurs, si le micro-entrepreneur est exonéré de facturation de TVA en deçà d’un certain seuil, il ne peut pas la récupérer sur ses investissements et frais professionnels.

Des cotisations liées au chiffre d’affaires

Les cotisations sociales ne sont pas très élevées, mais rappelons qu’elles sont calculées sur le chiffre d’affaires et non sur le bénéfice. En conséquence, le micro-entrepreneur doit payer ses charges sociales sur les montants facturés et non sur l’argent qu’il va réellement gagner, puisque ses dépenses professionnelles ne sont pas prises en compte.

Des charges fixes à ne pas négliger

Les micro-entrepreneurs qui débutent ou ceux qui traversent un moment difficile dans leur activité généreront moins de chiffre d’affaires. S’ils paient moins de charges sociales, ils conserveront néanmoins certains frais fixes qui peuvent les placer dans la difficulté. C’est notamment le cas des frais liés au compte bancaire dédié, des frais d’assurances et de la CFE (Cotisation foncière des entreprises) calculée en fonction de la valeur locative du bien occupée pour leur activité.

Une couverture sociale réduite

La couverture sociale des travailleurs indépendants est bien plus réduite que celle des salariés. Les avantages sont nettement moins importants et les micro-entrepreneurs sont bien souvent contraints de souscrire à leurs frais des assurances santé complémentaires pour bénéficier d’un niveau de couverture correct.

En effet, seuls les artisans et les commerçants bénéficient des indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident, et après un délai de carence de surcroit. Les professionnels libéraux n’y ont pas droit.

S’agissant de la retraite, seuls les trimestres affichant un chiffre d’affaires minimal sont comptabilisés. En deçà, ils ne sont pas pris en compte puisque les cotisations sociales prélevées sont jugées insuffisantes.

Des difficultés et des risques personnels non négligeables

La micro-entreprise est créée et enregistrée au nom de son dirigeant et non d’une personne morale. En conséquence, le patrimoine personnel de l’auto-entrepreneur est lié à son entreprise. S’il rencontre des difficultés financières, ses biens privés lui seront saisis.

En outre, le micro-entrepreneur peut rencontrer diverses difficultés en raison de son statut. Obtenir un prêt est souvent difficile dans le cadre professionnel comme personnel, les banques ayant tendance à se montrer frileuses face à ce type de profil. La revente d’une micro-entreprise est également complexe, car ce statut n’exige pas de bilan comptable et demeure flou pour les éventuels repreneurs.

Vous l’aurez compris, le statut de micro-entrepreneur présente de multiples avantages, mais il n’est pas sans inconvénient. Or, ces derniers peuvent être de véritables freins en fonction de l’activité exercée. Il est en effet parfois préférable d’opter pour un autre statut pour exercer son métier.

 
 

Partager cette page sur les réseaux sociaux

Commenter ce dossier

Prénom ou pseudo

E-mail

Texte

Code de sécurité à copier/coller : 7Dzqup

Recevoir une notification par e-mail lorsqu'une réponse est postée

Dossiers similaires